BUSTAMANTE (J.-M.)

BUSTAMANTE (J.-M.)
BUSTAMANTE (J.-M.)

BUSTAMANTE JEAN-MARC (1952- )

Si le travail de Jean-Marc Bustamante (artiste français né en 1952 à Toulouse) relève des genres traditionnels de la photographie et de la sculpture, s’il aborde certains thèmes classiques tels que le paysage et l’architecture, la préoccupation de l’artiste consiste moins en une démarche formaliste liée à ces genres et à ces thèmes qu’à cerner la notion de présence qu’ils instaurent. Présence de l’objet ou de l’image, mais aussi présence du spectateur vis-à-vis de lui-même et vis-à-vis de ce qu’il perçoit, échanges par lesquels se constitue une conception sans cesse renouvelée de l’être humain.

Après des études de photographie (1973-1975), Jean-Marc Bustamante travaille comme photographe pour la revue Connaissance des arts , et comme assistant du cinéaste et photographe William Klein (1978-1981). Ces apprentissages techniques, mais aussi plastiques, lui ont sans doute permis de réaliser avec une chambre photographique 20 憐 25, ses premières œuvres photographiques qu’il dénommera Tableaux (1980). Paysages des environs de Barcelone, ne montrant que des arbres, des morceaux de nature ou des fragments d’habitation, ces images, toutes au format (103 cm 憐 130 cm), frappent par la précision du réel qui s’y déploie, à la fois déshumanisé et empli de traces humaines, et par cette sorte de consistance qu’y prend le temps. De 1983 à 1987, il réalise de curieux objets et des installations avec la plasticien Bernard Bazile, sous le nom commun de BazileBustamante. Revenu à un travail solitaire l’année suivante, Bustamante réalise ses premières sculptures, notamment Paysage (1988), métal peint en rouge minium et accroché au mur comme un tableau ou une image, mais placé bien au-dessous de la ligne habituelle du regard. Tout en poursuivant sa production photographique de paysages, il réalise de nombreux travaux tridimensionnels: la série des Intérieurs (1988), qui par leurs formes et leurs dispositions ambivalentes jouent sur la fonctionnalité tout en s’en démarquant – (Intérieur II ressemble à des lits superposés, Intérieur III s’apparente à un berceau ou à une brouette) –; celle des Paysage (1988-1993) – œuvres diverses toutes confectionnées en acier et peintes en rouge minium –, ou encore, retour au photographique, la série des Lumière et Lumières (espèces) (1988-1992), sérigraphies noir et blanc sur Plexiglass qui présentent des lieux de travail, de loisir, d’habitation, presque toujours vides de leurs occupants. Ce relatif abandon des lieux, cette absence figurée de l’homme, pourtant toujours présent dans les objets exposés, sont un trait récurrent du travail de Bustamante, lequel pourrait être qualifié d’abstrait. Depuis les œuvres réalisées, au début des années 1990, en ciment et en bois – disposées comme des piliers ou des rampes – en passant par les Sites (immenses plaques d’acier – 500 cm 憐 300 cm –, peintes en rouge minium mélangé à de la cire et posées à même le sol), jusqu’aux œuvres récentes que sont les Aquarama (1996) – sortes d’aquariums montés sur pieds et présentés la même année à la Galerie nationale du Jeu de Paume à Paris – la présence du corps humain est sans cesse sollicitée. Mais plutôt que de chercher à représenter le corps photographiquement ou à le figurer par des volumes, Bustamante a choisi de mettre en rapport ses œuvres et le corps réel et vivant du spectateur. Les contours, les formes, les délimitations sont alors saisis dans leur présence immédiate et concrète; les sculptures, sans socle, posées directement sur le sol, sont en quelque sorte le prolongement direct du corps du spectateur.

Encyclopédie Universelle. 2012.


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